dimanche 11 juillet 2010

Les Caprices de Marianne, Acte II Scène 6

Naples, pendant les festivités du Carnaval … Coelio aime Marianne, épouse d'un vieux juge tyrannique. Trop timide, il demande à son ami Octave de plaider sa cause auprès d'elle. Mais tout se complique lorsque Marianne décide de prendre un amant... Son époux, Claudio, fait exécuter son rival.

Octave et Marianne se recueillent sur la tombe de Coelio.


Cette pièce que Musset a écrite rapidement, à l’âge de 22 ans, est de nos jours l’une des pièces les plus jouées du répertoire théâtral français.

Musset a accolé le mot « comédie » au titre de sa pièce. Cependant, à la lecture de l’oeuvre, nous ne retrouvons pas la légèreté et la gaieté des pièces de Molière qui nous font rire de bon cœur jusqu’à l’heureux dénouement. Cette pièce résiste en réalité à toute classification : c’est bien la particularité de Musset. Il choisit sa propre voie sans se préoccuper des codes et des conventions d’écriture. C’est un théâtre poétique où les états d’âme et les caprices des personnages sont au centre de l’œuvre. « Les caprices de Musset font se côtoyer le bouffon et le tragique. Car le caprice est changeant comme la vie : les larmes ne sont jamais loin des rires et des sourires » explique Sylvain Ledda.


La pièce se situe entre la fantaisie et le désenchantement ; sous le masque de la comédie, Musset nous livre une lecture pessimiste du monde. En proie au mal du siècle, hanté par l’idée de la trahison amoureuse, Musset a traversé de véritables périodes dépressives. Dandy, libertin, amateur de cabarets parisiens et de nuits d’ivresse, Musset s’est laissé griser par la vie de débauche. Ne serait-ce pas un masque, un refuge, pour celui qui ne supporte plus, comme Octave, la nostalgie de l’amour idéal ?


La lucidité des dernières paroles d’Octave est bouleversante : « Coelio était la bonne partie de moi-même ; elle est remontée au ciel avec lui. C’était un homme d’un autre temps ; il connaissait les plaisirs et leur préférait la solitude ; il savait combien les illusions sont trompeuses, et il préférait ses illusions à la réalité. Elle eût été heureuse la femme qui l’eût aimé. » (II, 6)

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